Sur 5 Continents

Ici, vous pouvez voir un film qui sera un beau souvenir pour les enfants, avec des images tournées aux quatre coins du globe.  Un petit brin de nostalgie…
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L’Europe, le dernier continent…

L’arrivée à Paris, c’était le réel retour à la civilisation.  Après l’aventure, place à un peu de culture!..

Tout d’abord, un peu de nostalgie pour maman et papa :  Nous voulions retrouver les hôtels Formule 1 que nous avions connus il y a 15 ans, complètement automatisés (de l’accueil par un guichet automatique jusqu’aux douches/toilettes autonettoyantes!)  Nous voulions montrer ça aux enfants (d’autant plus que c’est le type d’hébergement le plus abordable à Paris!..)  Petite déception :  À l’hôtel F1 de Roissy, il y a quelqu’un en chair et en os qui vous accueille!..  Félix avait si hâte de découvrir cet hôtel robotisé.  Par contre, les chambres sont toujours aussi minuscules (surtout à cinq pour se partager un lit double + un lit simple) et le nettoyage des salles d’eau demeure automatisé!

Pour la suite de notre séjour, nous avions loué un chouette petit appartement dans le 5e arrondissement, où nous avons pu goûter à la vie de quartier parisienne.  C’était l’occasion également de revoir les parents de Marie, Grand-papa Bruno et Grand-maman Thérèse, qui venaient nous rejoindre pour trois semaines, à Paris et en Italie.

Tout ça a débuté avec la visite de la petite famille de Lisette,  François, Nathan et Romane, nos amis de Lyon, ex-tourdumondistes et propriétaires de la librairie/café internet Raconte-moi la Terre.  Des moments très appréciés, le pique-nique au jardin du Luxembourg, la visite à pied de Paris avec François comme guide privé, etc.  François qui a vécu

plusieurs années à Paris a été un guide de première classe.

Pour nous, c’était une promesse remplie auprès des enfants, les emmener « voir la tour Eiffel », entre autres, comme conclusion du tour du monde.  Et on en a profité!  Champ de Mars, Champs Élisés,l’Arc de Triomphe, le Louvre, le Sacré-Cœur de Montmartre, Le Musée d’Orsay, la Seine, Notre-Dame…

Sur 5 continents

Un beau film souvenir pour les enfants, avec un brin de nostalgie.

La famille Blais

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En camping au Botswana

(du 9 au 19 mai 2011)

Après seulement une semaine en safari dans le bush, il restait plein de choses à voir de ce beau pays.  Nous sommes donc montés dans notre Land Rover pour dix jours en camping.  Notre première destination était le Nxai & Makgadikgadi Pans National Park, près de Gweta, dans le désert du Kalahari.  Notre 4X4 était équipé d’une plate-forme sur le toit sur laquelle était installée deux tentes, ce type de véhicule étant très populaire chez les voyageurs en safari « autonome ».  Nos craintes quand à la fiabilité du Land Rover étaient finalement justifiées, on s’en est rapidement rendus compte, avec un tuyau de radiateur percé dès la première journée…  La surchauffe du moteur nous a forcé a stopper le véhicule en bordure de route en plein milieu du bush.  Heureusement pour nous, nous étions au Botswana, dont les habitants sont vraiment gentils.  Deux d’entre eux sont arrêtés et ont tenté de réparer la conduite d’eau avec notre   »duct tape » et quelques attaches plastiques « tie-wrap ».  Ils y ont mis au moins 90  minutes, car le tuyau était difficile d’accès, malheureusement, la réparation sommaire n’a tenu qu’une dizaine de kilomètres.  Pendant ce temps, la nuit était tombée et nous étions toujours à un soixantaine de kilomètres de notre destination.  Voyant qu’on devrait passer la nuit sur le bord de la route, dans la brousse,  avec 3 enfants (pas vraiment recommandé), les deux gars nous ont généreusement offert de nous remorquer avec leur Honda Accord pour le reste du trajet!..  Évidemment qu’on a accepté!  Ce qui a fait qu’on a continué à 40 km/h environ, en essayant de ne pas entrer en collision avec tous les ânes sauvages et le bétail qui se trouvait sur la route, puis on a pu rejoindre notre camping à une heure tardive.

Consolation, ce premier site de camping était superbe.  Nous étions installés au pied d’un énorme baobab, il y avait une grande table sous un toit de chaume, un site de feu de camp confortable et un foyer pour feu de cuisson.  Il y avait même une piscine!  Tout un contraste avec les campings tristes de l’Australie.  Comble du luxe, le terrain était clôturé, tout animal dangereux était donc tenu à l’écart, on pouvait laisser les enfants circuler sans crainte.  Les enfants ont goûté aux plaisirs de la cuisine sur feu de braise.  De plus, Félix a réussi son premier vrai feu de camp, du genre qu’on peut allumer avec une seule allumette.

À cet endroit, un guide nous a amenés visiter le bush du parc national.  Après un départ très matinal et après avoir longuement roulé dans la plaine , on a eu une drôle de vision.  Tout d’abord un vélo, qui semble abandonné sur place :

Puis plus loin, autre vision surréaliste, on trouve son propriétaire, assis seul en plein milieu de nulle part…

Sur sa tête, il y a un suricate!  Le guide nous explique que ces petits animaux, qui se dressent sur leurs pattes de derrière pour surveiller les alentours et détecter la présence de prédateurs éventuels, vont chercher pour cela à s’installer sur tout objet en hauteur qu’il a à sa disposition, rocher ou autre.  On n’a donc qu’à s’asseoir sans bouger, et attendre.  Après l’arrivée d’un groupe de touristes sud-africains bruyants, les animaux ont fui.  L’homme qui était déjà sur place à notre arrivée nous a donc invité à le suivre et nous a emmené plus loin, à l’écart, sur une petite butte légèrement surélevée :

Si les enfants semblent figés, c’est qu’on leur avait dit qu’il ne fallait absolument pas bouger!  De plus, ils avaient l’air « fripé » de gens qui ont peu et mal dormi, nous nous étions couchés tard en raison de notre panne mécanique et de notre arrivée retardée au camping.  Et la nuit avait été glaciale!

Heureusement que ces tentes s’installent en un clin d’oeil :

Après notre rencontre avec les suricates, nous avons vu un baobab vieux de plus de 400 ans et nous sommes allés sur le « pan » Ntwetwe, qui est une gigantesque cuvette formant un grand désert de sel (saline), formée par un ancien lac désseché, qui ressemble beaucoup aux salar de l’Amérique du Sud.  On y a fait la série de photos traditionnelle, un peu pressés par le temps toutefois car les autres gens avec nous semblaient peu intéressés et vouloir quitter les lieux immédiatement…

Après quelques nuits, nous sommes repartis vers Serowe, plus au sud.  Après l’observation de suricates, le prochain objectif était de voir des rhinocéros, qu’on n’avait pu voir lors de notre safari avec Mock.  Ces animaux sont en effet très rares, ayant été abondamment chassés pour leur corne qui est convoitée car elle entre dans la composition (elle aussi…) de médicaments traditionnels chinois…  Près de Serowe, il y a le Khama Rhino Sanctuary, un parc de 4300 hectares, clôturé, qui abrite et protège 36 rhinocéros (34 blancs et 2 noirs), ainsi que des zèbres, girafes, léopards, hyènes, gnous, antilopes, etc.  Il renferme plusieurs sites de camping sauvages qui, eux, ne sont pas séparés de la réserve par un clôture…

(placez votre curseur sur les animaux pour découvrir leur nom)

Sur place, dès le lendemain de notre arrivée, après un rapide petit déjeuner, nous sommes partis explorer les pistes du parc à la recherche des rhinos.  Pas facile, leur nombre n’étant pas énorme, et vu la taille du parc.  On circulait prudemment, craignant de provoquer la colère d’un rhino en le surprenant au détour d’une piste.  Après qu’on ait cherché longtemps, Marie a fini par apercevoir au loin (vraiment loin!) une maman rhinocéros (blanc) avec son bébé.  On s’en est rapprochés après de très nombreux détours, jusqu’à être à près de 50 m d’eux (la distance jugée sécuritaire).  Wow!

On réalisait ainsi un souhait de Félix, qui aavait dessiné le rhinocéros qu’il voulait tant voir:

Par la suite, en soirée, un guide nous a emmenés en safari nocturne.  Le but était de réussir à voir les grands fauves (le léopard en particulier), qui chassent la nuit, idéalement des hyènes également.  Encore une fois, on n’aura pas été chanceux de ce côté-là!  Par contre, on aura vu en tout une quinzaine de rhinocéros, certains couchés en travers de la route.  Il fallait alors attendre patiemment qu’ils daignent libérer le chemin.

(pour voir le safari, cliquez ici)

Après cette journée bien remplie, on croyait bien avoir vu suffisamment de rhinos.  Nous sommes donc montés nous installer dans nos tentes.  Vers une heure du matin, nous avons été réveillés par des bruits de mastication (crounch, crounch…)  J’allais dire à Florence qu’on avait de la visite de nos amis les phacochères, quand le land Rover a commencé à être secoué assez violemment et assez longtemps…  J’ai commencé par crier à Marie, qui était dans l’autre tente, d’arrêter de bouger autant et de nous laisser dormir!  Celle-ci a répondu qu’elle n’y était pour rien, pendant qu’on entendait le grincement de cornes sur le métal de la carrosserie…  C’était évident que c’était quelque chose de gros qui secouait autant le 4X4, instantanément tous ont arrêté de faire le moindre bruit!  On espérait que ce n’était qu’une antilope, comme les Oryx aperçus l’après-midi.  Mais si c’était un rhino?..  La question qui nous est venue à l’esprit simultanément :  est-ce qu’il pourrait renverser le 4X4???  Après cinq interminables minutes, il a arrêté, mais on l’a entendu tourner autour pendant encore une heure, pendant ce temps on n’osait ni bouger, ni faire de bruit…  Constatant qu’il s’était éloigné, j’ai risqué une tête en-dehors de la tente, pour confirmer que c’était bien un très gros rhinocéros, peut-être un noir, qui semblait à ce moment bien intéressé au campement voisin.

Le lendemain matin, les traces de l’animal étaient bien visibles autour du véhicule.  Les enfants se sont bien amusés à les suivre et à reconstituer le parcours du rhino durant la nuit.  Ouf!  Tant mieux, ça montre qu’ils n’ont pas trop été traumatisés.  Par contre, il n’aurait pas fallu que quelqu’un me dise qu’on devrait rester plus longtemps, parce qu’on n’avait pas vu assez de rhinocéros!…

Par la suite, ce sera le retour vers Maun d’où nous avions un vol vers Londres via Johannesbourg.  Le Botswana restera un autre de nos coups de coeur, tant notre séjour y aura été intense et intéressant.  La diversité de la faune permet qu’on y fasse des safaris aussi palpitants qu’au Kenya ou qu’en Afrique du Sud, pourtant beaucoup plus réputés, sans avoir à subir l’affluence monstre de ces endroits.  Mais ça va inévitablement changer, le joyau caché de l’Afrique va devenir de plus en plus populaire, bien servi par des infrastructures relativement bien développées, pour un pays du continent africain.  C’est un pays riche, où l’on exploite plusieurs mines de diamant.  Par contre son avenir est sombre, vu le fait que le tiers de ses habitants sont infectés par le VIH, selon les chiffres officiels (ce qui signifie qu’en réalité, c’est probablement une personne sur deux…)  Toutes les couches de la société sont touchées, incluant les gens les plus productifs.  On regrettera longtemps ne pas avoir pu réaliser notre objectif de rencontrer les gens du peuple San (bushmen du Kalahari), qui demeurent à ce jour des gens nomades avec un mode de vie de chasseurs-cueilleurs (du moins ceux qui n’ont pas encore été parqués dans des villages) et une empreinte écologique nulle.  Il aurait fallu pour ça parcourir des centaines de kilomètres de plus jusqu’à Gantsi, mais nous avons manqué de temps.  On gardera quand même un excellent souvenir des gens de ce pays.

Quiz Botswana: la réponse

Pourquoi ces oiseaux semblent-ils marcher sur l’eau?

Voici la réponse:

Personne n’a eu la réponse exacte, mais c’est Olga qui a proposé en premier qu’ils pourraient être posés sur un rocher qui serait sous l’eau…

Ce sont des piqueboeuf (oxpeckers) qui débarassent les hippopotames de leurs parasites.

Merci de votre participation!

Six heures et douze minutes au Zimbabwe

Après une semaine dans le bush, nous nous sommes pris une chambre à Kasane pour pouvoir faire une pause, profiter d’un bon bain et surtout d’un lit confortable avant le retour du camping!  Après une semaine sans électricité et évidemment sans Internet, c’était le retour à la civilisation…  si on peut dire cela d’une petite ville de brousse ou on croise plus de phacochères que de gens sur les trottoirs!  Ayant été coupé du monde extérieur, on a tenté de se mettre à jour sur l’actualité, entre autres sur des questions aussi essentielles que les résultats des demi-finales de la Ligue des Champions!..  Plus sérieusement, on aura appris le résultat des élections au Canada, avec Harper à nouveau comme Premier Ministre (hélas!).  On l’a su d’un couple de l’Alberta croisé à Kasane, eux étaient évidemment ravis!  C’est également dans un journal acheté  au supermarché qu’on a su que Ben Laden  était mort, ce que nous ont confirmé nos « amis » de l’ouest.  À Kasane, comme partout ailleurs au Botswana, les « lodges » de luxe ne manquent pas, on aurait facilement pu trouver quatre ou cinq endroits où dormir moyennant 7 à 8 fois notre budget total quotidien.  Heureusement, il existe aussi de petits hôtels plus abordables en étant aussi plus authentiques.  La moindre activité coûte le triple que ça nous aurait coûté en Asie.  Le Botswana est une destination « de luxe » qui attire une clientèle fortunée et nécessairement plus âgée, avec des exigences de confort assez claires.  On s’explique mieux ainsi tout les efforts de l’équipe de Mock à assurer notre « petit confort », nous qui lui disions tout le temps qu’on n’en demandait pas autant, qu’on était habitués au camping plus rustique!  Ils sont probablement souvent confrontés à une clientèle assez exigeante. 

Il fallait aussi prendre possession de notre 4X4 et régler tous les petits problèmes avant le départ…  On avait loué un Land Rover Defender, on se disait qu’on pourrait passer partout!  Par contre, le véhicule qu’on a reçu avait déjà dépassé les 240 000 km et avait visiblement souffert de quelques avaries…  Ça nous inquiétait un peu, mais comme  il n’y a qu’une compagnie qui loue ces véhicules au Botswana et que c’était probablement le seul qui avait deux tentes au lieu d’une sur le toit, on n’avait pas vraiment le choix.

On a profité de cette pause pour aller voir les chutes Victoria, qui seraient les plus grandes au monde, et qui se trouvent à la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe.  Un million de litres d’eau par seconde (près de 10 millions/sec en saison des pluies!), 1.7 km de largeur sur 108 m de hauteur (deux fois plus hautes que les chutes du Niagara), on se devait d’aller voir ça!  Nous étions à Kasane, qui est à l’extrémité nord-est du Botswana, une région qui est le carrefour entre quatre pays :  La Namibie, la Zambie, le Zimbabwe et le Botswana.  Tous nous ont conseillés d’aller voir les chutes du côté du Zimbabwe, la vue y étant plus belle.  On a hésité avant d’aller dans le pays de Robert Mugabe, mais on nous a assuré que c’était très tranquille par là, la ville de Victoria Falls est une enclave touristique, un village artificiel crée pour accommoder les visiteurs, il n’y a pas là de troubles politiques.  Il s’agissait d’y aller accompagnés d’un guide et de refuser de parler de politique rendus sur place.  Et d’accepter de payer exceptionnellement cher pour un visa, plus cher que pour les autres touristes car nous étions du Canada!..  À notre passage, il y avait déjà une queue au poste frontière du Zimbabwe, qui est le moins efficace qu’on ait vu du voyage, deux heures d’attente pour seulement une trentaine de voyageurs!  Tout ça pour une excursion d’une seule journée, un séjour de moins de 24 heures.  Pendant l’attente, on aura au moins eu d’intéressantes discussions avec un couple de belges venus avec leur propre pilote de brousse privé, un sud-africain exubérant qui voyageait à moto et un sympathique gars du Zimbabwe qui a remarqué le gilet du Barca de Félix et avec qui on a parlé de soccer.  C’est lui qui nous a appris que Barcelone avait battu Madrid et ferait la finale de la Ligue des Champions fin mai à Wembley.  On a passé un bon moment avec lui.

Le premier occidental à avoir vu les chutes Victoria est le célèbre explorateur anglais, David Livingstone, au 19e siècle.  Il était intrigué par un nuage qu’il apercevait constamment au loin, au-dessus du même point à l’horizon.  Ses guides lui ont dit que c’était Mosi-Oa-Tunya, ce qui signifie « la fumée qui tonne » (« the smoke that thunders »).  Le fracas des chutes est audible plusieurs kilomètres à la ronde.  Tant d’eau qui dégringole au fond d’une gorge de 100 m, ça éclabousse!  Le vent transporte ces embruns qui viennent nous fouetter et retombent comme un orage violent et constant.  Malgré nos vestes imperméables, on devient vite mouillés, ceci sous un ciel bleu et un soleil éclatant.  Les pires des orages tropicaux de la Malaysie ne nous avaient pas trempés aussi efficacement!  L’intérêt de ces chutes, c’est qu’ils se jettent dans une gorge étroite, on peut donc les admirer du haut du versant d’en face sur presque toute leur largeur, à moins de 100m de distance.  En raison de cette « pluie » constante, il existe autour de la chute une véritable forêt tropicale humide, peuplée de singes.  On y a vu des espèces végétales nous rappelant les forêts de la Thaïlande et du Costa Rica, en plein désert!  L’excursion aux chutes comprenait un repas au Victoria Falls Hotel, un établissement centenaire, le plus ancien au Zimbabwe, chic et sophistiqué…  Son intérêt ne vient pas de sa richissime clientèle assez hautaine mais de l’ambiance qui rappelle la période coloniale.  Au retour des chutes, le passage de la douane du Zimbabwe a été heureusement plus court.  Par après, sur le chemin pour Kasane, on a croisé plein d’éléphants sur le bord de la route, presque jusqu’en pleine ville.

Un safari au Botswana

(du 1er au 8 mai 2011)

Le trajet Beijing – Maun, au Botswana, a été assez long, d’abord nos segments OneWorld:  Beijing-Hong Kong sur Dragon Airways, puis un vol très inconfortable Hong Kong-Johannesburg sur Cathay Pacific, avec par conséquent une nuit blanche.  Ensuite on a passé la journée à l’aéroport dans l’attente de notre vol pour Maun sur Air Botswana, vol qui a dû atterrir à Gaborone (la capitale)en raison d’un problème technique, où on a attendu plus de 3 heures un avion de remplacement.  Avec le décalage horaire, nous étions crevés à l’arrivée à Maun.

Mais nous étions plein d’énergie et de motivation le lendemain pour débuter cette semaine que nous attendions depuis longtemps :  celle de notre safari!!  D’abord, rendons honneur à ceux sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, l’équipe de notre guide Mock, en vous les présentant :

Over (que Marie appelait toujours Oven), le Chef qui nous a régalés toute la semaine.  Il nous a bien fait rigoler, toujours souriant, avec son look de rappeur…

Onks, qu’on a beaucoup aimée, dont c’était la première expérience en safari.  Elle n’était pas toujours rassurée…

Lekgowa et Leonard, les discrets aides de camp, aussi difficiles à photographier qu’un léopard…

Enfin notre guide Mock.

Celui-ci a près d’une dizaine d’années d’expérience dans le métier, après avoir fait deux ou trois autres métiers.  Lors de notre première rencontre nous expliquant le déroulement de la semaine, il a dit entre autres que:  « If you trust me, I will trust you ».  Comment ne pas avoir confiance devant autant de calme et de confiance tranquille.  Pour nous, ça allait être du gâteau.  Le lendemain, c’était parti!

Pendant une semaine, nous avons exploré la région des parcs nationaux et réserves entourant le delta de l’Okavango, le fleuve qui coule depuis l’Angola au nord-ouest du Botswana, entre Maun et Kasane.  Le programme consistait en ceci :  quatre nuits dans la réserve faunique de Moremi, deux à Xakanaka et deux à Kwai River.  Ensuite trois nuits dans le Parc National Chobe, une à Savuti et deux dans le Chobe Riverfront.  Nous circulions avec nos bagages dans une camionnette 4X4 aménagée avec des sièges dans la boîte arrière, un véhicule typique des safaris africains avec guide.  Le reste de l’équipe suivait avec le matériel, soit les tentes, la cuisine, de la nourriture pour une semaine, etc.  Pendant que nous allions à la rencontre des animaux dans la brousse, eux allaient monter le camp et préparer les repas pour que tout soit prêt à notre arrivée.  Tout ça implique une infrastructure très lourde mais tout était parfaitement rodé.  C’était vraiment du camping tout confort, avec de lourdes tentes en toiles équipées de lits de camp, avec oreillers et douillettes.  Nous qui étions habitués à du camping dans notre minuscule tente, choisie pour être la plus légère et compacte possible, au détriment de l’espace intérieur.  De plus, un abri était aménagé à l’arrière de la tente pour servir de toilette et de douche!  Ce que nous considérions comme un raffinement suprême était en fait une nécessité, en terme de sécurité.  En effet, il est absolument déconseillé, voire interdit, de quitter la tente la nuit tombée, en raison des fauves et des hyènes qui chassent la nuit. 

Le tentes étaient confortables, mais on n’a pas nécessairement bien dormi!  Pas évident de dormir aux milieu des prédateurs!  Mock avait été clair avec nous :  s’il est rare que les éléphants et les lions s’aventurent sur des campements occupés par des humains, les hyènes, elles, viennent à tous les soirs, vérifier s’il n’y aurait pas quelque reste de nourriture.  Rien à craindre donc si on demeure dans nos tentes.  Mais la nuit dans le bush est tout sauf calme et tranquille, on y entend plein de choses…  Le bruit des hyènes qui se chamaillent pour un bout de nourriture, les grondements des estomacs des éléphants (c’est fou ce que ça ressemble à un félin) tout prêts, le rugissement d’un lion au loin.  Le pire, c’était de loin le vacarme fait par la dizaine d’hippopotames se chamaillant dans la rivière à 20 mètres de la tente, toute la nuit!..  Le « rire » tonitruant des hippopotames est un son qui restera pour toujours dans notre mémoire.

Pour bien apprécier un safari, il y a une règle de base qu’il faut respecter pour éviter les déceptions.  Il ne faut pas arriver avec des demandes irréalistes.  Du genre d’une liste des animaux que l’on veut absolument voir.  Bien des gens arrivent en exigeant de voir les « big five », les cinq animaux les plus convoités depuis l’ère (pas nécessairement révolue) où les riches étrangers en chasse-safari voulaient absolument rapporter ces cinq trophées pour décorer leur résidence.  Il s’agit du lion, du buffle d’afrique, de l’éléphant, du rhinocéros et du léopard.  Nous, n’aura pas vu de léopard (ni de guépard d’ailleurs).  On a pris ça avec philosophie, en se disant qu’on a « vu ce que la nature a bien voulu nous montrer », comme disait un des guides qu’on a connus.  On était quand même pas mal déçus (surtout Félix)!!!!

Par contre, on a vu (et entendu) ÇA :

Pour bien vivre l’expérience comme on l’a vécu, poussez le son à fond avec le maximum de basses, pour sentir le rugissement vous prendre aux tripes (prêtez aussi attention au commentaire de Mock à la toute fin!..).

Ça, ça valait le déplacement et l’effort.  Surtout que la plupart des gens qui aperçoivent un lion le jour, voient un animal endormi ou somnolent.  C’était le cas d’ailleurs, de nos deux premiers lions, le premier endormi sous un arbre à un mètre du sentier (c’est Félix qui l’a repéré) et l’autre couché lui-aussi, 100 mètres plus loin.  Quand ils ont commencé à rugir, ils étaient à moins de 15 mètres.  Les enfants étaient terrorisés, pensant que c’était un signe d’aggressivité.   Mock regardait ça sans broncher, on s’est dit qu’il ne devait pas y avoir de problème à demeurer là…  On n’avait pas le choix d’ailleurs, à un moment, les lions se sont déplacés pour s’allonger en travers de la route.  Impossible de passer sécuritairement, en plus c’était le seul chemin de retour vers le camp.  Et le soleil était sur le point de se coucher, l’heure où les prédateurs se mettent en chasse et où il est déconseillé de circuler dans la brousse.  On est donc restés à les observer un bon 90 minutes, pour finir par partir en frôlant de quelques centimètres le lion qui était couché en bordure du sentier.  Celui-ci nous a regardés passer tout près de lui sans broncher. 

Inutile de dire que les enfants étaient bien contents de mettre plus de distance entre nous et les lions.  Mais nous n’étions pas au bout de nos émotions pour la soirée…  Premier obstacle sur la route :  Un troisième lion couché lui aussi en travers de la route.  Sauf qu’il n’y avait plus de temps pour être respectueux :  Mock a fait mine de foncer sur lui et il s’est déplacé en grognant un peu son mécontentement.  Plus loin, un énorme éléphant, de dos, encore en plein centre de la route.  Le soir était vraiment tout proche cette fois, donc encore là pas de temps pour s’arrêter et attendre, ce qui est la manière prudente d`agir.  La bête nous a vus à la dernière minute alors que nous étions rendus sur lui, ça l’a surpris et l’a rendu agressif.  Comme d’autres éléphants rencontrés auparavant, il a voulu nous intimider en nous faisant face, en barrissant et écartant les oreilles, ce à quoi Mock a répondu en faisant rugir son moteur au neutre.  Habituellement, ça suffit pour faire fuir l’éléphant, mais celui-là a décidé de nous charger!..  Ce à quoi Mock a répondu en fonçant sur lui à son tour!  Cette fois, ça a fonctionné, il a viré de bord et on a pu continuer notre chemin.  Enfin arrivés au camp, il a fallu un bon « debriefing » par Mock avec toute sa chaleur, pour dédramatiser tout ça…  Oui, ces animaux sont dangereux , mais la situation a toujours été sous contrôle.  Il y a certaines règles simples à suivre, et tout se déroule bien.

(Une photo du lion, par Félix, dont il est bien fier:)

On aura vu finalement pas mal d’animaux, dont tout plein d’antilopes que Félix reconnaissait facilement, ayant souvent le nez fourré dans nos guides.  On a même vu une meute du très rare lycaon (wild dog ou painted dog), se prélassant sur le côté de la piste.  Par moment, c’était délicat, quand on rencontrait des groupes de buffles, des animaux imprévisibles qui peuvent décider de charger sans aucune raison (et ça doit faire mal!)

On a eu un coup de cœur pour l’impala, un gracieux animal qu’on voyait partout, parce qu’il nous rappelait notre chevreuil (cerf de Virginie).  Cette antilope fait des bonds prodigieux et très spectaculaires! 

Mais notre animal préféré a été unanimement le phacochère, avec sa tronche pas nécessairement jolie mais qu’on trouvait sympathique!  C’est un animal qu’on voit souvent en famille de 4 ou 5, c’est assez rigolo de les voir trotter dans la plaine.

Une journée typique du safari débute avec le lever à 5h45, avant le soleil.  Un peu de toilette, on mange un peu, puis on part pour la première « game drive » de la journée, une randonnée en 4X4 à la recherche des animaux (« game » voulant dire gibier ou faune).  Celle-ci débute tôt le matin, au moment où les animaux sont encore actifs et à la chasse.  Elle se termine sur l’heure du midi, quand le soleil est trop fort et que les bêtes se réfugient à l’ombre.  Entre les deux, c’est souvent plus de trois heures à sillonner les pistes de brousse, à traverser des rivières à gué, à se faire secouer.  Quand on revient au camp, le repas est prêt.  Ensuite on fait la sieste, la lessive ou de la lectures puis après le thé, on repart pour la 2e « game drive », au moment où les animaux vont boire aux points d’eau en fin de journée, jusqu’à la tombée de la nuit.  Finalement, dernier retour au camp pour un autre succulent repas préparé par Oven et servi par Onke.  Nous avons été étonnés par ce qu’il arrivait à cuisiner sur un simple feu de bois.  Il faisait son pain sur place tous les jours.  La journée devait se terminer par l’heure du conte autour du feu en théorie, mais les enfants tombaient généralement de fatigue après le dessert…

Les journées où nous levions le camp pour un autre emplacement, l’horaire était différent.  On aide parfois, maladroitement, du mieux qu’on peut à tout démonter, tout en chassant les singes chapardeurs (vervet monkeys ou grivet) qui s’approchent vraiment près.  Puis c’est parti pour de longues heures à se faire secouer sur de très mauvaises routes.  En cours de route, on a parfois l’occasion d’avoir un point de vue non-obstrué sur la savane alentour, où l’on peut voir un horizon plat au loin, comme si on était face à l’océan…  Quelle immensité!  On a également pu voir des villages dans la brousse, dont une bonne partie des habitants sont les San (bushmen), obligés de quitter leur milieu de vie et leurs traditions nomades par le gouvernement.  Ils sont maintenant « parqués » dans des villages, on dit que c’est ainsi car leurs territoires ancestraux étaient convoités par les compagnies qui exploitent des mines de diamant…  Divers incidents viennent marquer ces trajets :  Une crevaison (encore chanceux de n’en avoir eu qu’une, vu l’état des sentiers!), un arrêt pour dépanner une famille sud-africaine qui avait noyé son moteur en tentant de traverser une rivière, puis remorquage d’un autre véhicule embourbé dans la même rivière au même moment, arrêt prolongé un autre matin pour venir en aide à deux gars qui avaient dû passer la nuit dans leur camion en raison d’un panne de pompe à essence, et on en passe.  Évidemment, tous ces arrêts nous ont fait perdre du temps et il a fallu annuler une « game drive » à au moins une occasion à cause de cela, mais ça fait partie du jeu, il n’était évidemment pas question de refuser qu’on prête main forte à ces gens, dans ce milieu qui ne pardonne pas.  Une autre malchance a été qu’en raison des fortes pluies sur l’Angola peu de temps avant, le niveau de l’Okavango était exceptionnellement haut et une grande partie de son delta était inondé, en particulier dans la région de Kwai River, où le site de campement habituel de Mock a été submergé.  Il a dû se rabattre sur un autre site, près de la rivière, là où une dizaine d’hippopotames se battaient à quelques mètres de nous le jour, et nous cassaient les oreilles toute la nuit…  À cet endroit, nous aurions dû faire des « night drives », qui ont été annulées.  Peut-être y aurions-nous vu des léopards ou des guépards…

On aura finalement passé une semaine assez intense, on en est sortis avec des souvenirs plein la tête et quelques belles images  (malheureusement, la qualité de ces dernières étant dépendantes du matériel photographique, elles ont souffert de l’absence d’un téléobjectif plus puissant…)  Tout ça s’est terminé par un souper en compagnie de la sympathique équipe au complet, à goûter à un menu typique du pays, avec Over qui a poussé la chansonnette et dansé avec Onks…  Avec en prime la visite d’un honey badger.

Le mot de la fin revient à Mock, qui tenait à nous parler de safari en famille :

(NOTE:  You can view this video in english, if you click here)

Quiz

Comment font ces oiseaux pour marcher sur l’eau?

Thinking

Les chinois (bilan…)

En arrivant en Chine, nous ne savions pas à quoi nous attendre de la Chine et des chinois.  Nous avions lu tant de commentaires négatifs sur eux!  Finalement, on a découvert des gens souvent charmants, faisant montre d’une grande curiosité, avec un caractère un petit peu enfantin…  Bien sûr, ils crachent partout, fument trop et partout, ne savent pas faire la queue et c’est « chacun pour soi » partout.  De plus, les enfants se sont fait bousculer assez violemment à quelques reprises.  Mais on a découvert que les pires comportements se retrouvent chez les chinois d’un certain âge, les plus jeunes semblent plus polis et ouverts…  Ce sont eux qui viennent à notre rencontre pour tenter d’engager une conversation, ce sont seulement eux qui cèdent leur siège aux enfants dans le métro, etc.  C’est rassurant, d’autant plus que ce sont eux qui seront là quand les chinois vont dominer le monde…

Évidemment, on n’a pas fait d’étude sociologique du comportement des chinois, ce ne sont que nos impressions personnelles suite à un court séjour de seulement 3 semaines au pays de Mao…  Comme on l’a déjà raconté, on a fait de belles rencontres dans le train, à l’aéroport.  Et on a été surpris de pouvoir communiquer en anglais plus souvent que ce qu’on s’y attendait, souvent quelqu’un venait spontanément offrir son aide pour traduire.  Sinon, nos guides de voyage comportaient la traduction en caractères chinois des informations importantes, ou on se servait de notre précieux copain, le « g’palémo » édité par le Routard, un recueil de « dessins pour se faire comprendre partout dans le monde », avec une section hébergement, santé, restaurant, etc.  Il m’est arrivé toutefois de rencontrer des gens qui ne semblaient pas capables d’interpréter correctement les images simples qui y sont présentées, comme le dessin d’une bouteille d’eau, quand je voulais en acheter une dans le train…

En général, nous avons été bien servis par notre choix de demeurer dans des auberges de jeunesse.  Nous y avons partout rencontré un personnel jeune, souriant, serviable et parfaitement anglophone, ce qui a beaucoup aidé.  Les gens qui y travaillent ont un réel intérêt à rencontrer des étrangers, une ouverture que nous n’aurions sans doute pas eue dans de plus gros hôtels.

Pour finir, comme ça semble le cas pour toutes les familles occidentales en Chine, on a été constamment assaillis par des gens nous demandant de se faire photographier en compagnies des enfants, c’est arrivé à chacun des sites où nous sommes allés.  À Tian’anmen, un couple qui avait réservé un photographe professionnel pour une séance de photo a inclus une photo d’eux avec notre famille.  Et c’est sans compter les paparazzis qui nous nous photographient avec plus ou moins de discrétion, alors que le paysage est pas mal plus beau que nos frimousses!  Les enfants collaboraient bien, quoique vers la fin ils en avaient un peu assez.  Mais on leur faisait comprendre que c’est quand même très peu d’efforts pour faire plaisir!  Les gens étaient si contents par la suite, de vrais enfants, ils n’en finissaient plus de remercier, finalement c’était autant de moments sympathiques avec des gens simples et chaleureux!

Beijing!

(du 24 au 29 avril 2011)

Enfin Beijing!  Cette ville dont on entend parler depuis notre petite enfance, 17 millions d’habitants dont 13 millions dans sa zone urbaine proprement dite, 3,3 millions de voitures en circulation…  Arrivés à la gare, on attrape un taxi, encore une fois munis du nom et de l’adresse de notre auberge de jeunesse écrits en anglais et en chinois, pour bien se faire comprendre du conducteur.  Surprise!  Le gars ne sait pas lire! (on apprendra plus tard que c’est assez courant)  Va-t-il falloir en plus apprendre la prononciation exacte des nomes de rues et d’hôtels pour se faire comprendre?  Finalement, le conducteur finit par déchiffrer ce qu’il reconnait comme le numéro de téléphone de l’auberge et appelle pour se faire expliquer le chemin.  Ouf!  On est partis!  Le trajet, sur un des six immenses boulevards périphériques de la ville, nous fait voir de grands immeubles modernes, ce qui nous a un peu inquiétés.  Beijing allait-elle n’être qu’une autre grande ville asiatique semblable aux autres villes asiatiques que nous avions vues, moderne et aseptisée?  Nous avions lu qu’au cours de la Révolution culturelle, après l’arrivée au pouvoir du parti communiste de Mao, beaucoup des sites et monuments historiques avaient été détruits. 

Heureusement, dès l’arrivée à l’auberge de jeunesse, nous avons été rassurés.  En effet, celle-ci est située dans un petit quartier tranquille, situé au bord d’un petit lac, et formé autour de hutongs, ces ruelles étroites typiques de Beijing, qui forment un labyrinthe de maisons petites et basses.  En se promenant dans ce dédale, on croise fréquemment des animaux en cage gardés à l’extérieur, sous une fenêtre, puis des enfants qui jouent, des gens qui circulent en pyjama, se rendant souvent à l’une des nombreuses toilettes et douches publiques.  Les maisons de ces quartiers n’ont pas l’eau courante la plupart du temps.  Ils profitent aussi du moindre espace libre entre les habitations pour installer de petits parcs publics avec des appareils exerciseurs, constamment utilisés par des chinois âgés pour se dégourdir un peu, quand ils n’y font pas du tai chi.  Le matin de notre arrivée, c’était un superbe petit matin de printemps, frisquet, avec un soleil radieux et un ciel très bleu (on ne savait pas que c’était possible, à Beijing).  Nous avons adoré notre séjour au Sleepy Inn, si bien situé comme on l’a déjà dit, avec en plus un personnel charmant, souriant, très serviable (merci François et Lisette pour le tuyau!)  La chambre était minuscule (un dortoir juste assez grand pour y faire entrer 2 lits superposés) mais confortable, la salle commune était très éclairée, comprenant un pavillon d’un ancien temple taoïste converti en salon.

Parfois à Beijing, comme ailleurs en Chine, on ne sait pas ce qui nous attend à la toilette publique…

Pour nous déplacer, encore ici on a utilisé le métro au lieu du taxi, même si celui-ci est sûr et relativement peu cher à Beijing.  Il est propre et moderne, tout a été retapé et plusieurs lignes et stations ont été ajoutées pour les JO de 2008, le réseau couvre la ville complète.  On croyait sauver du temps en évitant les bouchons de circulation, au total ça n’a pas vraiment été le cas, car on a dû beaucoup marcher…  Bof, on se dit que c’est meilleur pour garder la forme, en plus ça pollue beaucoup moins!  Par contre, utiliser le métro à Beijing, c’est assez physique…  On doit se battre pour circuler dans les escaliers, se battre pour entrer dans les voitures, se battre pour en sortir, se battre pour éviter que les enfants se fassent écraser à l’intérieur… 

En plein centre de Beijing, il y a la Cité Interdite, ancien palais de la cité impériale.  On l’appelle ainsi car il fût interdit d’y entrer sous peine de mort pendant 500 ans, jusqu’en 1924, même l’empereur et sa cour ne la quittaient pratiquement jamais.  C’est un ensemble de temples et jardins, entourés d’un rempart de 10 mètres de hauteur mesurant 960 mètres par 750 mètres.  C’est donc gigantesque, superbe et il y a encore là du monde partout!  Encore un endroit, comme partout en Chine, où on se fait arrêter à tous les dix pas pour se faire photographier, sans compter tous les paparazzis qui profitent pour nous tirer le portrait, certains très discrètement, d’autres pas mal moins.  Quand à nous, on a pris le temps de la classique photo de famille devant le célèbre portrait de Mao, bien en vue sur la porte de la Paix céleste. 

Tout à côté, il y a la non moins célèbre place Tian’anmen, qui est vraiment immense.  On y trouve le palais de l’Assemblée du peuple et le musée national de Chine, deux immeubles tristes et austères, le mausolée de Mao, fermé lors de notre passage (comme pour celui de Ho Chi Minh à Hanoi, on n’est vraiment pas chanceux!)  En raison des évènements de 1989 qui y ont eu lieu, la place est gardée comme une forteresse!  Il y a des soldats en uniforme au garde-à-vous un peu partout, des patrouilles en groupe d’une vingtaine qui passent au pas militaire, des guérites avec fouilles aléatoire.  Plus « discrètement », on remarque en levant la tête que chaque lampadaire est garni d’une dizaine de caméras qui épient chaque centimètre carré de la place, et on a repéré au moins un policier en civil (on n’a pas vraiment cherché la centaine d’autres).  Ils ont installé au centre de la place, près de la colonne du monument aux héros du peuple, deux écrans géants où sont diffusées des images patriotiques célébrant la grandeur du pays, la beauté de ses paysages et de son drapeau…  On a pu y observer les chinois, pour lesquels la visite de la Cité interdite et du mausolée de Mao sont un genre de pélerinage.  Il y a plein d’enfants, dont les bébés chinois qui ont les pantalons fendus à l’entrejambe, ce qui permet une évacuation immédiate en cas de besoin, en plus d’économiser les couches.  Et ça tout partout, aucun endroit ne semble inapproprié, pas même la cour du palais impérial (Florence est témoin!)

On l’a dit plus haut, se déplacer à Beijing en métro est long et il faut beaucoup marcher.  On a finit par manquer de temps, donc on n’a pu aller voir tous les sites que nous voulions, comme le temple du Ciel, le palais d’été, etc.  Il faut dire qu’on a parfois choisi nos visites en fonction des enfants, comme pour la visite des installations olympiques.  Le site des installations est gigantesque, il ne faut pas trop penser aux centaines de maisons détruites et familles délogées qui ont été nécessaires à son aménagement.  Florence, notre nageuse, a bien aimé voir le « cube d’eau ».  Nous aussi d’ailleurs, c’est étonnant de voir la luminosité à l’intérieur de l’édifice, sans aucun éclairage artificiel, l’enveloppe extérieure en bulles de plastique, murs et plafond, laissant passer presque en totalité la lumière extérieure.  Le stade olympique (le nid d’oiseaux) aussi est très impressionnant, on s’y sent près de la piste et de l’action partout dans les estrades. 

On a aussi assisté à un spectacle de kung fu, donné par les moines de Shaolin dans un théâtre de Beijing.  Évidemment, c’était spectaculaire, avec plein d’acrobaties, de combats et de prouesses physiques, avec même des éléments de ballet classique, par contre le récit était plutôt banal, l’éternelle histoire de l’initiation d’un petit garçon à son arrivée au temple, qui devient finalement un guerrier shaolin et va par la suite prendre un « aspirant » sous son aile…  Comme d’habitude avec les chinois, ils nous en ont mis plein la vue!  Nous étions d’ailleurs surpris de constater que ces moines, réputés pour leur discipline et leur vie simple, se prêtent à pareille exploitation commerciale.  Au retour, on a fait un très court détour par le marché des « collations », où des étals vendent toutes sortes de grillades et brochettes. La particularité ici, c’est qu’on y grille des scorpions, mille-pattes, hippocampes, tarentules, chauves-souris et quelques rongeurs non-identifiés.  Certains insectes « gigotaient » encore sur leur brochette…  On croyait découvrir une parcelle de la culture chinoise avec une autre de ses (nombreuses) particularités culinaires, on a plutôt eu l’impression d’assister à un « gros show », à une mise en scène, avec les marchands qui agitent les insectes sous le nez des touristes et se bidonnent de leurs réactions horrifiées…  De plus, il y avait une telle foule!  On a vraiment eu l’impression de se faire avoir et nous avons quitté les lieux rapidement…

Heureusement, il y a la grande muraille de Chine! 

Bien entendu, nous ne pouvions séjourner à Beijing sans aller voir cette « merveille du monde »!  Construite sous la dynastie Ming il y a plus de 2000 ans, son mur mesure en moyenne 6 à 7 mètres de hauteur par 4 à 5 mètres de large.  Plus d’un millions d’ouvriers sont morts sur son chantier et inhumés à même le remblai du mur, les chinois le considèrent comme le plus grand cimetière au monde.  Avec la terre, les pierres et les briques qui le composent, on dit qu’on pourrait construire un mur de 5 m de haut sur 1 m de large qui ferait le tour de la terre.  Plusieurs sections en sont accessibles depuis Beijing, certaines ont subi le même sort que bien des sites historiques en Chine, avec une rénovation excessive qui donne l’impression au final d’un bâtiment neuf (voir notre photo de la porte sud des remparts de Xi’an sur l’article précédent).  À ces endroits, on a parfois aménagé des infrastructures touristiques importantes, boutiques, restaurants, on a même entendu parler de manèges et de cinéma…  Comme ces sections sont les plus facilement accessibles de Beijing car plus rapprochées, elles sont aussi les plus fréquentées.  Pas question pour nous, on a vu assez de foules jusqu’à maintenant.  Notre but était de faire le trek de la section Jinshanling vers Simatai.  Il faut plus de deux heures d’autocar pour se rendre au point de départ, ce qui décourage la totalité des groupes de touristes asiatiques!  Malheureusement, la section de Simatai était fermée pour réparations à ce moment, on a donc dû se contenter de parcourir le mur à Jinshanling.  Quelle belle journée!  Un ciel bleu, un temps juste assez frais ce qui nous a permis de gravir les parties plus abruptes sans nous déshydrater.  À cet endroit, les restaurations n’ont eu pour but que de renforcer les parties devenues instables, en tentant de préserver l’aspect d’origine.  On peut y voir la muraille serpenter sur le sommet des collines au loin, en plus la vue sur les montagnes de la Mongolie, à deux pas, est superbe.  Et nous avions l’impression d’être seuls sur le mur la plupart du temps, tant il y avait peu de touristes, tous des occidentaux d’ailleurs, les asiatiques vont tous à Badaling et Mutianyu.  C’était presque la même impression que lorsque nous étions seuls à déambuler à travers les statues moaï à l’île de Pâques.  Nous avons été heureux de constater qu’il pouvait exister un site touristique en Chine où nous pouvions être seuls!

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